NAVYA, première génération de véhicule autonome

A une génération de la fin de l’automobile ?

Pendant plus d’un siècle, les citoyens ont fixé la possession d’un véhicule individuel comme un des objectifs d’une vie réussie. Les dépenses liées à la voiture représentait le deuxième poste des budgets des ménages en France après le loyer… Jusqu’en 2010 où, pour la première fois, celles de télécommunication (téléphonie, internet, TV) les ont reléguées à la troisième place. Ce changement de priorité est lourd de sens : la circulation automobile deviendrait-elle moins importante à leur yeux que celle de l’information ?

Elle est, pour le moins, beaucoup plus frustrante avec des bouchons interminables aux heures de pointe, des cœurs de villes saturés, une pollution visible et des nuisance sonores. Des statistiques édifiantes complètent ce ressenti : les voitures individuelles sont en stationnement plus de 95 % de leur temps, la vitesse moyenne de la traversée de Paris est de 10 km/h, et mieux encore 30% du trafic parisien est généré par des conducteurs qui cherchent une place de parking. Assez pour s’interroger sur le besoin d’un moyen de transport individuel essentiellement statique…

Les citadins cherchent d’abord à se déplacer et acceptent parfaitement les trajets multimodaux pour autant qu’ils soient efficaces et « sur-mesure ». Rendre une fluidité de circulation est un enjeu essentiel du développement urbain. 50% des utilisateurs se déplacent de moins de 7 km par jour et 80% de moins de 50 km par jour. Les longs déplacements sont très ponctuels.

Une première piste de solution se dessine : favoriser l’utilisation de véhicules simples et banalisés en auto-partage en complément de transport en commun pour les trajets courts et la location de voitures plus confortables pour les longues distances.

La robotique permet d’oser plus loin. Il existe déjà de nombreux prototypes de véhicules susceptibles de se déplacer, de se garer, de se recharger de façon totalement autonomes : la Google Car qui vient de se lancer sur les routes californiennes mais aussi la française NAVYA qui tourne depuis 2013 sur de nombreux sites. Ils pourront demain être appeler d’un téléphone portable à l’endroit désiré, retourner seul à leur base de parking et de chargement, être disponibles jour et nuit.

Les voitures autonomes se banaliseront, d’ici une dizaine d’années, au coeur des villes pour devenir le standard de déplacement urbain à la demande.

Nous sommes probablement à une génération de la disparition du véhicule individuel dans un monde ou posséder son permis de conduire sera devenu un luxe ou un hobby. Pour mémoire les résidents de Singapour doivent déjà payer 50 000 € pour avoir l’autorisation de posséder une voiture pour seulement 10 ans… L’Etat singapourien envisage sérieusement de fermer un quartier à la circulation non robotisée.

Bruno Bonnell

Et aussi : Les robots, au secours du Big Data ?

5 réflexions sur “ A une génération de la fin de l’automobile ? ”

  1. Une révolution en une génération ? Oui, l’automobile vit et va vivre une fantastique révolution des usages et des technologies utilisées!! Une fantastique opportunité de création de nouveaux services, et de redéfinition de l’automobile, ce n’est pas un hasard si Apple, Google, Uber, faradayfuture et d’autres se lance dans l’aventure.
    L’industrie automobile est une vielle dame, avec une longue histoire et une inertie importante, des bases industrielles lourdes et des centaines de milliers d’emplois. Les constructeurs en sont conscient et cherchent de nouvelles compétences pour survivre à ce cycle économique de destruction création (Joseph Schumpeter). L’automobile est conçue de la même façon depuis 100 ans et selon le même process et avec une innovation incrémentale. Aujourd’hui la multiplicités des technologies (Robotique, big data, digital design, UI, Internet of the things) ainsi que le changement d’utilisation en font un mélange détonnant et permettre une innovation radicale.

    Nous sommes aujourd’hui dans une révolution totale.
    Tout cela en une génération ? Je dirais que le plus grand challenge est de faire évoluer le cadre règlementaire qui n’est pas sur le même rythme.

    Optimistes, en avant toute !!!!!

    Cordialement,

    Guillaume.

  2. Comment peux t on s exprimer de manière si péremptoire sans avoir aucune connaissance de la réalité de l évolution des architectures automobiles depuis près de 3 décennies .l automobile moderne est une éponge qui attire toutes les technologies et prépare les interfaces pour les intégrer a moindre cour et a moindre risque .allez donc au moins une fois visiter des usines 4.0 chez des équipementiers de ce secteur
    Jean Luc Mate

  3. Juste des réflexions comme ça.
    Y a t il une vision différente des pays selon qu il y a une industrie automobile ou pas ?
    Quid de la notion de plaisir ?
    Quid des standards ?
    Et une approche différente entre pragmatisme us, hédonisme européen, technophilie asiatique
    …Et debrouillardisme africain ?
    Belle journée à tous

  4. Ces réflexions sont toutes légitimes, comme l’étaient celles des cavaliers et cochers du siècle dernier. Conduire une voiture deviendra, comme monter un cheval, dans les villes un luxe, un hobby ou un sport. Le plaisir restera entier mais quel est-il dans un interminable embouteillage ou dans le stress des radars et des contrôles? Les standards mettront un certain temps a s’ajuster car on continuera à croire naïvement qu’un brevet protège plutôt que limite l’innovation. Quand à l’aspect culturel, il y a sans aucun doute un poids important des habitudes et ces transformations prendront suivant les pays plus ou moins de temps. La numérisation du monde ne va pas a la même vitesse, ni la même envie sur toute la planète mais elle est inéluctable.

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