moteurs-neuronaux-traduction

My Tailor will not be rich

Amit Singhal, senior VP de la recherche chez Google, admet en souriant que son entreprise puise son inspiration dans Star Trek, dont les technologies deviennent progressivement réalités. Le « Transcoder », qui traduit toutes les langues instantanément, est le prochain sur la liste, grâce à la convergence de deux facteurs :

  • la reconnaissance vocale tout d’abord, qui depuis le lancement de Siri par Apple en 2011, fait des progrès spectaculaires. Now de Google puis Cortana de Microsoft ou Alexa de Facebook repoussent les limites de la compréhension contextuelle. Le logiciel Deep Speech 2, de Baidu, peut écrire un message dicté en anglais ou en mandarin trois fois plus rapidement qu’un humain.
  • Les moteurs neuronaux de traduction (NMT), ensuite, sont également en accélération. Ils désignent une intelligence artificielle « neuronale », proche du fonctionnement d’un cerveau humain, qui intègre la complexité d’une langue mieux qu’une personne non-native. L’entreprise sud-coréenne Systran, dont la R&D est basée en France, vient de lancer son propre moteur neuronal, Pure Neural MT, disponible en trente langues. Google Neural Machine Translation veut éliminer les erreurs que les utilisateurs de Google Translate moquent à l’envie. Enfin, Microsoft propose son moteur neuronal via Skype Translator et Microsoft Translator.

L’aboutissement de ces technologies va accoucher d’outils de traduction instantanée de qualité irréprochable dans les cinq prochaines années. L’anglais de cuisine tronqué (moins de 2.000 mots maîtrisés par un non natif par rapport à 20.000 par un natif) ne sera plus la langue du commerce et le vecteur de l’échange. Deux interlocuteurs pourront utiliser les nuances de leurs propre langue, et les négociations commerciales ou diplomatiques feront sans intermédiaires et de façon plus équilibrée.

L’apprentissage d’une langue étrangère se fera par envie de découvrir plutôt que par nécessité. Voilà une conséquence inattendue de la révolution numérique : la disparition de l’hégémonie de l’anglais.

Bruno Bonnell – @BrunoBonnellOff

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>