Robots : des mécaniques déjà obsolètes ?

On observe souvent avec ironie les représentations de l’an 2000 par les Jules Vernes, Robida et autres romanciers du XIXème siècle.
Un genre fantastique, le steam punk, est d’ailleurs né de ces anticipations limitées par les connaissances techniques de l’époque. Il entremêle des manomètres aux cadrans démesurés, des moteurs à vapeur et des modules en bois harnachés par des structures « eiffeliennes ».

Pourtant, aucune de ces visions ne fait partie de notre quotidien. Car au cours du siècle sont apparus nombre de technologies et matériaux bouleversant la capacité des machines et transformant progressivement le quotidien jusqu’à le rendre totalement inimaginable par nos ancêtres. À l’aune de cette expérience, ne devrions pas nous interroger sur notre propre projection du monde à venir et notamment en robotique ?

Nous sommes en effet en train de travailler sur des modèles esquissés par les auteurs d’une science fiction du XXème  siècle en « panne d’imaginaire technologique » comme le souligne Nicolas Nova, essayiste du numérique  dans son livre « Futurs ? » aux éditions Moutons Électriques.

Le modèle de robot humanoïde est un exemple d’une de ces voies technologiques potentiellement sans issue construites sur un imaginaire obsolète du siècle passé, en l’occurrence celui de Kapek dans son roman RUR, Fritz Lang et Thea von Harbou dans leur film Metropolis. Ils ont fondé le mythe fondateur de la reproduction de la mécanique humaine avec des moteurs électriques et des tiges d’acier.

Une remise en question s’impose avec l’acceptation que la biologie est la science fondamentale de la robotique de demain. Des universités prestigieuses travaillent déjà sur des matériaux biologiques complexes pour s’approcher des performances humaines. Alex Chortos et André Bernbt de Stanford utilisent des circuits organiques souples pour reproduire la sensibilité de la peau. À Dallas, on tresse des nanotubes remplis de cire d’abeille pour fabriquer des muscles artificiels. Le bio computing et le deep learning sont désormais enseignés pour la simulation de réseaux neuronaux et la construction d’intelligences artificielles sophistiquées…

Sortons du « cyborg punk » qui veut imiter le vivant par de l’inerte électrisé et interrogeons-nous sur le croisement de la biologie et de la robotique dont la seule limite sera l’éthique que nous nous fixerons !

Bruno Bonnell.

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